Margo

par Michel A. Di Iorio, le 14 novembre 2002 

Comme une oeuvre classique, elle traverse le temps;
La Joconde moderne d’une époque révolue.
Elle danse comme le blé ballotté par le vent,
En chantant sa jeunesse, les mains liées, les pieds nus.

Pour se faire une raison, elle choisit de dire « oui »;
En troquant sa jeunesse contre un homme et l’amour.
Son histoire – celle d’une mère qui a donné la vie;
Qui a ri et pleuré plus souvent qu’à son tour.

De son ventre sont nés quatre garçons et deux filles;
Elle a soufflé la vie à une génération.
Cette génération est devenue sa « famille »,
Ses enfants sont devenus, tour à tour, sa raison.

Les années ont passé, laissant peines et souvenirs,
Les enfants tour à tour, devenus grands, ont quitté.
Son avenir l’attendait; il lui fallut partir,
Refermant derrière elle, quelques portes du passé.

Une vivace, de nature, ses racines ont repris,
Dans le désert de l’ennui, elle s’est mise à fleurir.
En réponse à l’amour, elle respirait la vie,
Le sourire dans les yeux et les yeux en sourire.

Ses enfants, à leur tour, ont goûté à l’amour,
Donnant suite à la suite, l’on serait porté à dire.
Devenue grand-maman, plus d’une fois à son tour,
Il ne manquait qu’une chose pour la mettre en délire!

Un beau jour, les étoiles discutèrent entre elles,
De la petite Complaisance, dit Ducharme, dit Margo…
Quand l’une d’elles dit aux autres, « c’est un ange sans ailes »,
Et la poussière d’étoiles dessina son halo.

Son beau Georges lui demanda sa main en mariage,
En princesse, sa Margo acquiesça et sourit.
Disparurent à jamais, les barreaux de sa cage,
Remplacés pour toujours par l’amour de sa vie

En souvenir de Margaret Ducharme – Robidoux (Complaisance) (1932 – 2009); l’ange qui a gagné ses ailes… In memory of Margaret Ducharme – Robidoux (Complaisance) (1932 – 2009): The angel who won her wings…
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